Les obsèques

(I’ll repeat in English in my next post.)

Mercredi a été une journée décevante. Papa avait mentionné, seulement une semaine plus tôt, qu’il aurait aimé avoir ses funérailles à l’abbaye cictercienne de Rougemont et être mis en terre dans le même type de cercueil ques les moines cisterciens. Il y avait plus de 25 ans qu’il allait à la messe à l’abbaye (et moi aussi quand j’habitais ici). Il voulait aussi être enterré à Rougemont et non dans le caveau de famille de mon grand-père à Charlemagne.

Mais lorsque maman, Marie-Claude, Jean et moi avons rencontré l’abbé Dom Raphaël et le père André, ils nous ont expliqué que la chapelle de l’abbaye était trop petite: 60 places dans les bancs, 80 ou 85 en tassant des chaises au maximum. De plus, le cercueil cistercien est fait de “planches de contreplaqué fini des deux côtés, quatre poignées de trappe de cave, et une planche avec quatre vis en guise de couvercle”, avec seulement un drap dedans. La famille et les amis auraient été attristés d’un si maigre témoignage. Maman était très déçue ce soir-là, car elle pensait qu’elle manquerait aux volontés de papa.

Mais jeudi les choses se sont placées. Maman et Marie-Claude sont allées à la Fabrique de Rougemont et ont obtenus un terrain sans difficultés; Marie-Claude en a choisi un près de la montagne, d’où on voit la Petite Caroline. Elles ont aussi choisi des fleurs. Puis le père André a accepté de faire l’homélie et Dom Raphaël de cocélébrer avec le curé Chaput, qui a aussi été extrêmement gentil.

Jean et son épouse Julie ont trouvé le nom et le numéro de madame Marthe Tétrault, une vocaliste qui avait chanté à leur mariage en 2001 et que papa avait beaucoup aimé entendre; nous sommes allés la rencontrer et elle a accepté de chanter aux funérailles. Maman a choisi des chants que papa aimait comme l’Ave Maria de Schubert, le Panis angelicus de Franck, etc. Mme Tétrault avait son livre de musique et nous chantait les airs à sa table de cuisine et c’était déjà beau.

Enfin, maman a fait les arrangements avec le Domaine des Quatre-Feuilles pour une salle et le repas. À la fin de la journée, tout le monde se sentait beaucoup plus proche de ce que papa voulait. Entre tout ça, il y avait des emplettes à faire car il nous manquait tous, qui des souliers, qui une cravate, qui un veston, etc.

Vendredi nous a tenu au salon funéraire tout l’après-midi et toute la soirée. Entre les deux, un souper au Bistro Saint-Michel où le service a été un peu trop lent, mais il y avait quand même 25 ou 30 personnes à servir. Beaucoup, beaucoup de gens sont venus offrir leurs condoléances, commençant à arriver très tôt.

Samedi, dernière veille au salon funéraire, suivie de la messe. Il y aurait vraiment eu trop de gens pour la chapelle cistercienne, mais non seulement le père André et Dom Raphaël étaient venus, mais aussi le père Thomas, qui est très âgé et presque aveugle. Dom Raphaël nous révéla plus tard qu’en 25 ans à Rougemont, c’était la première fois qu’il entrait dans l’église! Les Cisterciens sont des moines cloîtrés et donc ne sortent pas souvent comme ça.

Mon cousin Stéphane Latendresse a fait la première lecture avec grande dignité. Pour la seconde, le père André avait choisi la parabole qui m’a le plus mystifié durant mon enfance, la parabole des talents. Il a donné une belle homélie qui était d’autant plus poignate que lui aussi est aux prises avec un cancer inopérable. Ma cousine Roxanne Lafortune a lu les offrandes, elle aussi avec un bel aplomb m^me si elle avait craint de pleurer, et ma soeur a offert un témoignage. Mme Tétrault a chanté comme un ange et a même, en moins de deux jours, trouvé des chants qu’elle nous avait d’abord dit ne pas pouvoir faire come le Pie Jesu et l’Agnus Dei. J’en pleure encore.

L’enterrement s’est fait sous un doux soleil de mai, où papa aurait sûrement voulu faire une sieste dans son hamac. La famille et les proches se sont retrouvés pour un repas où nous avons échangé des souvenirs, puis la famille immédiate s’est retrouvée à la maison. C’est bête à dire, mais ç’a été un bel adieu.

Hier, nous nous sommes réunis à nouveau pour la fête des Mères; mon frère a fait cuire du homard comme papa l’aimait.

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